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Retour vers l’été 2023

Comme tout le monde, chaque été le rap français se met en pause. Les sorties sont calmes, les artistes sont discrets, les auditeurs ne sont pas aussi investis que le reste de l’année. Cependant, quelques acteurs du mouvement en profitent pour tester de nouvelles choses ou bien pour publier des formats-courts propices à cette période estivale. De ce fait nous vous livrons deux revues en une : Juillet et Août ! Du grand retour d’Ateyaba à Furlax en passant par Momsii, on vous résume cet été 2023.

7 Juillet

Deen Burbigo – « OG SAN II » 🎋

Signant presque une renaissance au sein de sa carrière avec Cercle Vertueux, Deen Burbigo navigue depuis 2020 entre ses projets solos et la Saboteur Mixtape. C’est avec le second volume de sa série OG SAN que le membre de l’Entourage ajoute sa pierre à l’édifice des sorties de 2023, aux cotés de Lesram et Limsa d’Aulnay. L’EP est produit par LamaOnTheBeat, Malek, Platiniumwav, Johnny Ola, Chilea’s, Richie Beats et En’Zoo.

Dans ce second volume, tout comme son prédécesseur, l’accent est mis sur les domaines dont le natif de Marseille s’est fait spécialiste : les placements, les rimes et l’écriture. Du choix des invités, réputés pour la leur, à celui des prods, assez épurées dans l’ensemble, c’est une démonstration de style assez claire qui nous est présentée, le tout sans y négliger le fond. On ne vous fera évidemment pas l’affront de surligner chacune des voyelles et consonnes qui riment entres elles pour vous montrer que le rappeur maitrise son art. En revanche, on a quelques autres aspects du disque à évoquer qui nous semblent plus intéressants. Pour les prods, pas grand chose à commenter si ce n’est qu’elles sont toutes de qualité. Le juste équilibre entre des tracks tonitruants comme « DES LITRES ET DES VOLTS » et « FAIS NOUS VOIR » puis d’autres aux sonorités plus douces comme « OKINAWA » en fait un projet agréable à l’oreille. Cependant, l’essentiel du contenu réside naturellement dans ce que nous livre le saboteur, alors entrons dans le vif du sujet. « Tous les rookies m’connaissent […] on a déjà fait c’que t’essaies de faire […] Nous c’est trafic d’influence […] Avant Cercle Vertueux j’étais en sommeil comme un volcan » (sur DES LITRES ET DES VOLTS). S’introduisant en quelques phrases par son statut ainsi que son parcours, Deen Burbigo s’affirme sans manquer de modestie. Conscient de son influence tout autant que du renouveau qu’a apporté son dernier album dans sa carrière, c’est dans le but de rester aussi constant qu’efficace que le marseillais adopte ces formats courts dans lesquels il se laisse plus de liberté dans l’écriture – « Fuck un vote blanc, fuck un col blanc, on s’ra jamais d’votre clan » (sur DES LITRES ET DES VOLTS) / « J’préfère les émeutes aux manifs, et les manifs aux pétitions » (sur RECOMMANDE) / « Nos valeurs sont ancestrales, R.A.F de leurs valeurs actuelles » (sur AMOUR). Clair sur ses positions, Deen Burbigo se sent toujours plus proche de celles et ceux vivant dans des conditions précaires, des opprimés, que des politiciens véreux et des racistes islamophobes, d’autant plus qu’il est lui même croyant : « J’m’appel Mikael, j’mange pas d’phacochère » (sur AMOUR). Ces quelques prises de positions, aussi évidentes puissent-elles sembler, sont toujours à saluer. Sur son disque, le marseillais se livre assez largement sur ses ambitions, sa vie personnelle, ses principes ou ses questionnements parfois existentiels. Parlant de son ambition de reprendre les études, ses croyances, les thèmes sont larges, alors attardons nous sur quelques uns d’entre eux : « J’ai peur de mal finir, j’ai peur de jamais être pieux, j’ai pas peur de vieillir, j’ai peur de jamais être vieux » sur « OKINAWA ». Sans doute le morceau le plus axé sur l’introspection et les interrogations, le titre de ce dernier désigne une île japonaise réputée pour la longévité de ses habitants (parmi les plus élevés du monde) et prend sens auprès de certains thèmes abordés. Deen Burbigo se réfère dans un premier temps à ses croyances puis à ce qui surviendrait de lui après son décès. Faisant mention de l’immortalité, pour un pratiquant, l’impossibilité de découvrir son sort après sa vie terrestre ne peut être vu que comme une malédiction. De surcroit prendre de l’âge est souvent associé à l’idée de gagner en sagesse, en maturité, ce à quoi aspire sans doute l’OG San qui n’exclut pas une future paternité sur « COQUILLAGE ». « Étrange, y’a qu’à l’étranger que j’me sens vraiment français » (sur OKINAWA) – Incontestablement lié à la gangrène d’un état raciste, islamophobe (pour ne citer que ça), difficile pour nombre de gens en France de s’identifier pleinement à un pays réputé pour sa répression, sa discrimination systémique, et son gouvernement (peuplé d’agresseurs sexuels) responsable de la crise actuelle – « Des collègues taulards mais pas d’collègues violeurs » (sur AMOUR). Si ce type de phrases sont les bienvenues, surtout dans un milieu aussi misogyne que le rap, on espère qu’il ne s’agisse pas là que de faire bonne figure et que les actes suivent (en effet, il y a quelques semaines une victime de viol s’est manifestée en dénonçant les deux frères du rappeur OG l’Enf comme responsable). « Pour être transparent, j’sais pas quoi penser quand j’vois c’t’enfant avec des parents trans, mais qui suis-je pour juger ? Qui suis-je pour avoir un avis ? » (sur OKINAWA). Parmi les multiples indications sur la vie personnelle et les opinions du découpeur, celle-ci peut faire peur à première vue. Quand on considère le contexte, à savoir celui d’un homme n’ayant probablement jamais vécu ni côtoyé les problématiques liées à la transidentité, donc sans doute peu sensibilisé sur les questions relatives au sujet, on peut y voir deux choses : au mieux une remise en cause sur le sujet, ou prendre le propos tel quel, à savoir qu’il n’a pas d’opinion sur le sujet, sans pour autant appeler au rejet de l’autre.

Somme toute, c’est un bilan très positif qui ressort de cette écoute de OG SAN II. Écriture, découpage et prods impeccables, ce second opus est une confirmation de ce qu’était déjà le précédent. Maintenant son statut de pointure dans les techniciens du rap francophone acquis, agrémenté par ce coté humain et personnel dans le fond, Deen Burbigo renvoie l’image d’un homme talentueux et sincère dans ses questionnements, que l’on espère l’être tout autant dans ses prises de position.

14 Juillet

Ateyaba – « La Vie en Violet » 💫

Ce sont neuf années assez intrigantes qui se sont écoulées entre 2014 et 2023, dates de sorties des deux premiers albums d’Ateyaba (ex Joke). Rythmées par un long silence musical, compensées par de nombreuses polémiques qui ne sont pas passées inaperçues sur Twitter (nous n’appellerons jamais ça X soyez rassurés), il faut avouer que le rappeur a plus fait parler de lui pour sa série de propos d’illuminé/transphobe et sa fameuse golden mise à Kekra que pour sa musique ou son disque d’or sur cette dernière décennie. Malgré tout, Ateyaba a su conserver un public aussi fidèle qu’impatient à l’idée d’enfin écouter Ultraviolet. Ses fans devront pourtant se contenter de La Vie en Violet qui marquera ce mois de juillet comme celui du second album du montpelliérain. Composé de 17 titres (plus 5 exclusifs aux versions physiques) on y retrouve une collaboration avec Yung Nudy. Au programme, Ateyaba, Flansie, Freakey!, Kloudbwwoy, Variedy, Serafim, Kalani, Mangojefe, Ja7cee, Skreno, Milanezie, Voidd Beats et Get Large s’occupent des productions de La Vie en Violet.

Avant d’entrer tout droit dans le projet, difficile de faire l’impasse sur presque 10 années qui ont suscité tant d’interrogations. Alternant entre singles, clips, puis absences, suivi par la potentielle sortie d’Ultraviolet en 2017 sans cesse repoussée depuis, les projets Space Pack et Infinigga qui ont soulevé plus de questions qu’ils n’ont apporté de réponses… Difficile de savoir où en est exactement Ateyaba sur ce projet devenu un mythe (ou un running gag selon les points de vue). La Vie en Violet est-il une version 2.0 de ce qu’aurait dû être Ultraviolet ? Ou est-il un moyen pour le montpelliérain de tourner la page sur cette epoque désormais lointaine ? Ce que l’on constate c’est qu’à partir de Space Pack, l’autoproclamé pharaon a pris un tournant assez éloigné de tout ce qu’il avait pu explorer jusque là. Celui qui s’est souvent revendiqué précurseur dans les styles de rap importés en France se laisse cette fois guider par les nouveaux registres, flows et modes que l’on retrouvait déjà chez les nouvelles générations de rappeurs du pays : des formats de morceaux assez courts, la présence de plug, de DMV flow, de mumble rap… Tant dans les choix de prod que dans la manière de poser, celui qui a toujours suivi de près l’actualité rap des Etats-Unis s’aligne à nouveau sur ces tendances musicales. Parmi les spécificités du projet, ce sont les prods que l’on qualifiera difficilement mieux que par le terme expérimentales. « Pokeball » en est sans doute le meilleur exemple tant ce son a divisé. Le style global de l’album est tellement à l’opposé de ce qu’a proposé Ateyaba jusqu’ici, il semble impossible pour son public de trouver un compromis entre génial et abominable, ce que l’on comprend en partie après une longue attente. Difficile d’avoir une opinion sur le mix (qui a également beaucoup fait réagir) puisque nous ne sommes pas ingénieurs du son, mais en se laissant le temps d’écouter, de réécouter l’album, on l’a bien plus apprécié qu’au début, même si tout ne nous a pas plu. Autre nouveauté bien assumée, le montpelliérain chantonne plus que jamais sur La Vie en Violet. Bien que nous n’ayons pas de terme défini pour nommer cela en France, c’est un rap plutôt mélodique qui est proposé sur la quasi totalité de cet opus. Mettant en avant les toplines, longs refrains, backs, et prods, on a l’impression qu’Ateyaba s’est fait plaisir sur ces points. Il faut dire qu’on a trouvé cet aspect réussi dans l’ensemble. Coté textes, son style a changé, et nous sommes plus mitigés à ce sujet (pour ne pas dire déçus). Ateyaba a toujours apprécié les thèmes courants du rap sur fond d’egotrip : argent, drogue, amour, sexe, marques, références musicales et cinématographiques… tout était simple à comprendre mais efficace dans la formule. S’il lui arrivait également de parler de son amour pour son pays d’origine, de la France coloniale, de sa famille, de sa paternité ou de ses croyances, on a pourtant l’impression que les phases d’Ateyaba ont régressé dans leur forme autant que dans le fond. Laissant beaucoup plus de places au adlibs, aux mélodies, et aux prods, sa voix et ses paroles passent ainsi au second plan. L’écriture se voit épurée de sorte à rapper ce qu’il a toujours rappé, mais en moins de mots, tout en limitant les thèmes (déjà restreints car c’est de l’egotrip). Au final, tout en plus pauvre et moins intéressant, et quand Ateyaba assume sur Twitter bâcler l’écriture lorsqu’il n’avait pas envie d’écrire, quitte à ce que certains morceaux ressemblent à d’autres existant depuis 2019, on s’étonne assez peu du manque d’identité de cet album, mais nous y reviendrons. Le but est donc clair, miser sur les sonorités et les ambiances plutôt que le contenu. Entre les morceaux de deux minutes, les couplets (lorsqu’il y en a plus d’un) qui sont souvent ridiculement courts, à l’inverse des refrains en 3 parties souvent assez longs… ce sont des formats courts, efficaces et entêtants qui sont recherchés. Si le rendu fonctionne plutôt bien sur des titres comme « Auréole » ou d’autres plus à part tels que « Soler », avec son texte plus appliqué que sur le reste du projet, un constat s’impose : une partie de La Vie en Violet parait insipide, anecdotique tant certains morceaux ne dégagent rien, ne nous marquent pas. Il est clair qu’avec des refrains en plusieurs parties de 50 secondes, on a forcement quelques airs qui nous restent en tête, mais ce serait mentir de dire que c’est tout ce qu’on attend d’un 17 titres. À la fin de ce projet, deux questions demeurent : que retenir de La Vie en Violet ? Doit-on voir La Vie en Violet comme un projet de transition ? Ce qui démarque ce projet au sein de sa discographie c’est ce coté experimental, chantonné lui permettant d’être identifié sur la forme. Cet aspect reste tout de même très inégal, manquant parfois de maitrise dans l’exécution, par moments anecdotique dans le rendu, le tout appuyé par une écriture trop laxiste dans l’ensemble, peu importe les raisons evoquées par le montpelliérain. Une interrogation en soulevant une autre, Ateyaba ne semble plus intéressé à l’idée de défendre ses projets, tant par des clips qu’en interview, ni même d’éclaircir les questions et ambiguïtés autour d’Ultraviolet (« Pour U.V t’es pas prêt » sur Angélique). Si on le regarde dans son ensemble, le disque ne semble alors en être un que de nom, et donne des airs de compilation bien plus qu’autre chose. Les sonorités sont certes similaires, on passe un moment plutôt agréable a écouter certains morceaux, mais entre l’EP Delorean Music sorti en 2015 et La Vie en Violet en 2023, qu’à-t-on réellement appris de plus sur l’artiste ? (Si on omet le tweet expliquant que son label lui refusait une avance il y a quelques temps).

En somme c’est un projet qu’on a trouvé assez moyen, avec des idées manquant de qualité dans l’exécution comme défaut majeur, ce qui est dommage puisque la maitrise est ce qu’on attendait, prise de risque ou non. Si comme annoncé par Ateyaba ce projet est effectivement son dernier en français, difficile de savoir quel tournant pourrait prendre sa carrière par la suite. Ce qui est sûr c’est que ce serait un clap de fin décevant pour cette partie de sa discographie. Dans tous les cas, chaque morceau fera sans doute son bout de chemin auprès des auditeurs réceptifs à ces essais.

28 Juillet

Momsii – « LGT » 🌋

Originaire de Pontault-Combault, Momsii est l’un de ces nombreux artistes rap qui émergent chaque jours. Révélé sur le récent album de Dosseh, et signé sur le même label que ce dernier (SPKTAQLR), le parisien a profité de cette exposition pour livrer un 5 titres nommé LGT (Le Grand Terrassement). On y retrouve Zed et Dosseh en tant que collaborations et 2K, Focus Beatz, Gancho, NaFaz Beats et Nairo Bts en tant que producteurs.

Actif depuis quelques années maintenant, on peut dire que la carrière de Momsii a pris une toute autre dimension suite à son apparition sur Trop tôt pour mourrir (le dernier album de Dosseh) avec le titre « Branché » qui a révélé une plume rue, brut, et qui sait déjà s’adapter à des styles dits « storytelling ». Décidé à manger sa part du gâteau Momsii a donc sauté sur l’opportunité et a livré LGT, un 5 titres qui lui permet de se présenter à ce nouveau public. Ici, chaque morceau possède son ambiance bien précise, les couplets sont nets, les ponts fluidifient bien la chose et les refrains sont naturels. En somme, les tracks s’enchaînent facilement et montrent un ensemble homogène qui le représente bien. Même si son écriture n’est pas encore époustouflante (ce qui est normal) car on retrouve les thèmes les plus récurrents du rap (drogue, argent, sex, police), certaines phases laissent sous-entendre que Momsii est sur le bon chemin pour progresser de façon croissante : « Maman est pieuse, elle prie pour moi mais j’fais l’biff comme un kouffar » (sur Impliqués) / « J’éteins comme une ombre après le coucher d’soleil, T’en fais des cauchemars j’ai pas perdu le sommeil, La brune ou la blonde ça dépend du showcase » (sur Bah Ouais). Si son écriture est plutôt aguicheuse, ses flows et placements le sont également. Diversifiés, ils permettent au natif du 77 de s’adapter à une ambiance plutôt chantée comme sur « Cheval Rouge » (avec Zed) ou à une autre plus sombre et violente comme « Impliqués » (avec Dosseh). Aussi, les productions sont de qualité tout comme les invités qui n’ont pas négligé leurs couplets respectifs.

Court mais efficace, LGT est un bon EP qui permet à Momsii de montrer qu’il n’est pas ce « simple mec qui a posé sur l’album de Dosseh » mais bien celui qui peut faire parler de lui à l’avenir. Une belle mise en bouche qui va nous permettre de revenir vers lui au prochain projet !

18 Août

Furlax – « NEBULA » 🚀

Brillant autant par sa créativité que par sa polyvalence, Furlax est un rappeur et beatmaker français dont les qualités dans les deux domaines ne cessent de surprendre. Réputé pour avoir produit des morceaux pour Niska, Dinos, Beeby, Graya ou Jewel Usain, sa versatilité lui a permis de parfaire son art en développant son propre univers musical si singulier en parallèle de ses activités. Fasciné par l’espace, l’univers et sa vastité, c’est en direction de Nébula que l’on embarque pour 21 titres. On retrouve un seul featuring en la personne d’Akela, et l’album se voit produit par Alicia Hava, CMG Beats, Darealright, Dills et Furlax lui-même.

Suite directe de son précédent voyage Ad Astra, si vous n’avez pas encore eu la chance de découvrir la musique de Furlax, pas d’inquiétude, Nébula est un excellent point de départ. À la fois rappeur, beatmaker et au mix sur son disque, l’explorateur nous offre sa vision unique, celle d’un navigateur et d’un pilote hors pair pour un superbe voyage auditif. Entre le visuel magnifique, le choix du titre, les multiples références à la galaxie (fictive ou réelle)… Quelle traversée ! En opposition à Ad Astra, qui se démarquait particulièrement par ses mélodies autotunées, l’astronaute a ici choisi de se recentrer vers un bloc quasi unanimement rappé. Mêlant diverses sonorités d’instruments à d’autres plus jazzy, Furlax nous propose des cocktails détonnants, laissant aller son imagination pour se faire plaisir sur Nébula. Navigant entre les planètes le long du projet, quelques courtes interludes nous permettent de suivre la traversée du MC, qui n’est pas exemptée d’embuches. Mais que nous raconte donc l’explorateur des mondes ? C’est essentiellement sur fond d’egotrip que ce dernier passe derrière le micro. L’un des points qui frappe immédiatement est l’omniprésence de références en tous genres. Qu’il s’agisse de musique, de pop culture, de football, de mythologie, de mangas, de séries et d’espace, on cerne ce qui compose la culture et les passe-temps du rappeur sur des phases simples et efficaces. À travers ses textes on découvre également quelques aspects de la vie de Furlax. Explicite sur ses valeurs à travers « Le Code Bushido » (qui se réfère au code d’honneur des valeurs samouraïs), le parisien nous parle de son amour des relations charnelles, des substances qu’il consomme, de sa passion pour l’espace, de sa volonté de faire de l’argent… Coté plus intime, quelques pistes sont lancées, mais peu développées par la suite : « J’peux pas compter sur les autres mais j’peux compter sur le seigneur » (sur Big Bag) / « J’fais que rapper mes putains de stigmates » (sur Vie de folie) / « Les erreurs de mon passé mon seul cursus » (sur Fly). Évoquant ses croyances, ses souffrances, les bévues commises lui ayant enseigné des leçons, ces éléments ne restent abordés qu’en surface, ce qui attise notre curiosité, et nous laisse par la même occasion sur notre faim. Le seul titre faisant exception à ce que nous venons d’énoncer est l’outro, où Furlax aborde le cancer qu’a vaincu sa mère. Tout spécialement sur Nébula, un constat s’impose sur la forme : Furlax accorde une grande importance aux refrains. Introduisants la majorité des morceaux, le soin que leur porte le parisien saute aux oreilles. On le conçoit d’autant plus qu’ils sont chacun aussi uniques que marquants. Cependant, ces derniers prennent parfois le pas sur les couplets, ce qui pourrait donner l’impression d’une redondance dans la structure des morceaux. Tout dépendra de vos goûts, mais si vous souhaitez vous laisser bercer par l’ambiance des morceaux, vous serez comblés.

Nébula est un projet rafraîchissant ! Voir un artiste tel que Furlax décoller avec un univers (sans mauvais jeu de mots) aussi unique ne peut qu’encourager à pousser l’inventivité dans le processus créatif. Ces 21 titres nous emportent et nous interrogent naturellement… quelles épreuves attendront Furlax dans sa prochaine traversée ?

NOS MORCEAUX DU MOIS

Niaks – « Manolo »
Ninho – « Vinicius »
3arbi – « Dégaine Suspecte »
Biwaï – « Sunshine » (ft. Ghetto Phénomène)
Timal – « Roly »
Norsacce – « Ushuaïa » (ft. Dinos)
Coelho – « Un jour… »
Sasso – « Rêves de gosse »
Nyda – « H24 »
ISK – « Palerme »
Deen Burbigo – « OKINAWA »
Momsii – « Cheval Rouge » (ft. ZED)
Chat Noir – « Je croyais »
Ateyaba – « Soler »
Metah – « GMO »
Sadek – « Buzz »
Jolagreen23 & Kosei – « W.A.R » (ft. Brodinski)

Deen Burbigo – « DES LITRES ET DES VOLTS »
Metah – « Friture »
Mitch – « AM » (ft. Jolagreen23 & 410)
GLK – « Parabellum »
Larry – « En Pépé 5 »
Rousnam – « Correction 10 »
Lala &ce – « Licorne »
Mecra – « PayPal »
Freeze Corleone – « Shavkat »
Momsii – « Impliqués » (ft. Dosseh)
Heuss L’enfoiré – « Localisé » (ft. Gims)
Zokush – « L’américaine » (ft. Genezio)
Jul – « Ha Ha Ha »
Gambino – « Bali »
Bob Marlich – « Commencer bas »
Nevon – « Danser »
Niaks – « Mahmouma »