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Retour vers Juin 2021

Juin, les vacances approchent et les artistes se bousculent pour publier leurs projets avant le vide abyssal des mois de juillet et août. Une chose est sûre, ce mois de Juin 2021 fut très chargé en quantité mais aussi en qualité. En effet on a pu apprécier les premiers albums de Doni M, Slimka, Onze, Doria et USKY, les retours de Soso Maness et Green Montana, mais aussi les EP des promesses que sont Sonbest, Tedax Max et Râmiro. Outre ces derniers, ce mois de juin nous a offert de belles surprises comme À l’ombre des lumières, le premier projet d’Hös Copperfield, la mixtape Cartel : Volume 1 de Koba LaD qui accueille un casting surprenant ou bien le second album de Dabs. C’est parti !

4 Juin

Nemir – « ORA » ☀️

Après un an et demi d’absence totale suite à son premier album, Nemir a effectué son retour avec l’EP de 7 titres : ORA. Au cours de cet EP on retrouvera une mélancolie ou une nostalgie que Nemir arrive à ensoleiller avec son timbre de voix si singulier. En ce qui concerne ses écrits, l’amour et les relations hommes/femmes tiendront une place prédominante, cependant, on pourra retrouver le titre « Parallèle » qui s’apparente à un aparté introspectif. En ce qui concerne les invités on pourra, en plus de Kel-P (chanteur et compositeur nigérien), retrouver une collaboration avec Lala &ce sur le très doux « F.M.E ». Très lumineuses et cohérentes avec l’univers du perpignanais, les instrumentales seront confiées à des producteurs de rang comme Twenty9, Drama State ou Guapodusoleil. Efficace et authentique, Nemir livre un projet idéal pour lancer son été de la plus belle des manières.

Soso Maness – « Avec le temps »

Presque un an pile après son second album Mistral Soso Maness nous a dévoilé Avec le temps. Composé de 17 titres, ce troisième album accueille des collaborations avec SCH, PLK, Gims et Jul ainsi que des producteurs confirmés comme Amine Edge, Ponko, BBP ou Dr Devil pour ne citer qu’eux. Suite à un énorme succès avec « Bande Organisée » et la fameuse gimmick « zumba cafew » Soso Maness aurait pu, sur cet album, céder à l’appel du grand public et ne fournir que très peu de titres rappés, toutefois, cela ne sera pas le cas. En effet ce projet sera très rappé dans l’ensemble avec des titres comme « Les derniers marioles » (feat SCH), « DLB 13 » ou « 3x filtré » qui frappent fort ou « Fils de voyou », « Avec le temps » et « Zumba Cafew » qui sont eux aussi rappés mais plus introspectifs dans leurs textes. Ce coté introspectif on pourra le retrouver d’une autre façon sur « J’aimerais tellement te dire » qui dégage une tristesse profonde sur une prod lente et planante ou bien sur « Madame Maness » où le marseillais aborde sa relation conjugale. Dans la lignée de Mistral et fidèle à l’univers de Soso Maness, Avec le temps est globalement très sombre, triste et introspectif. Au milieu de ces différents titres assez noirs on retrouvera tout de même quelques tubes comme « Petrouchka » (feat PLK) ou « Sur la tête de mon ex » qui dans leurs sonorités (sample de « Kalinka » pour le premier et prod électro pour le second) montrent une grande originalité que seul Soso Maness semble pouvoir se permettre au sein du rap français. Fidèle à son univers artistique tout en délivrant de grosses prises de risques, Soso Maness nous a fourni un projet de qualité qui se place déjà comme l’un des albums les plus réussis de cette année.

Vladimir Cauchemar – « BRRR EP » 🎹

Depuis ses débuts en 2017 la plus célèbre des têtes de morts a collaboré avec de nombreux artistes de renom comme 6ix9ine, Woodkid, Eddy de Pretto ou bien Orelsan. Avec un statut de plus en plus important Vladimir Cauchemar se devait de livrer un premier projet à son nom. Composé de 10 titres, BRRR EP accueille des collaborations avec RK, Benjamin Epps, Captaine Roshi, Lefa ou bien Lala &ce. Projet de beatmaker, la place de Vladimir Cauchemar sera exclusivement à la production, toutefois, on pourra le retrouver aux backs et en solo sur l’interlude « Akumu no hajimari » où il parle en japonais sur des notes de piano. Assez court, ce projet est une mini compilation de titres très différents que ce soit dans leurs sonorités (toujours la présence de l’électro), dans les ambiances véhiculées ou dans les univers des invités. Justement, ces invités seront mis dans de bonnes conditions avec des prods qui leurs correspondent comme par exemple Lala &ce qui posera sur le doux et estival « Ace of Spade » ou Lefa qui sera lui dans une ambiance plus sombre avec « Flemme ». Toutefois, Vladimir Cauchemar imposera son univers par le biais de plusieurs effets de prods et montrera qu’il n’est pas là pour simplement fournir des instrumentales à des artistes mais bien pour être l’artiste central du morceau. BRRR EP est au final plutôt réussi car il expose assez bien le potentiel de Vladimir Cauchemar et s’adapte à plusieurs humeurs avec des titres très variés.

Zuukou Mayzie – « Segunda Temporada » 🌹

Presque un an pile après Primera Temporada Zuukou Mayzie a effectué ce 4 juin son retour avec Segunda Temporada. Composé de 17 titres, ce projet accueille logiquement des collaborations avec des artistes issus du 667 à savoir Freeze Corleone, Osirus Jack et Black Jack OBS. Toutefois, on pourra aussi retrouver des artistes étrangers au collectif comme par exemple Wit., Timothée Joly ou bien The Pirouettes. Sur Segunda Temporada, et comme sur Primera Temporada, on pourra apprécier des titres comme « Kevin Mitnick » (feat Osirus Jack), « Coach Carter » ou « Zuukou 2.2 » (feat ASHE 22) qui sont très sombres dans leurs sonorités et truffés d’écrits crus où s’enchainent de nombreuses références au complotisme. Ces différents titres montreront encore une fois que Zuukou Mayzie n’a rien à envier aux autres membres du 667 lorsque l’on parle de rap obscur et violent. Aussi, le sénégalais s’affiche comme un artiste à part au sein du 667 de par son originalité débordante et sa grande polyvalence artistique. Cette originalité qu’on lui connait se manifestera ici avec des titres comme « Skr Skr » (feat The Pirouettes) ou « Pourquoi Pas » (feat Timothée Joly) qui apparaissent comme loins du rap dans leurs sonorités et leurs flows. Très bien écrit, Segunda Temporada regorgera d’écrits ultra référencés (films, armes, complots, Afrique, vêtements) qui passeront à merveille avec les différentes ambiances. Tout comme le premier volume, Segunda Temporada est un projet réussi qui montre que Zuukou Mayzie est un artiste complet sur qui il faut se pencher à défaut de passer à coté d’un énorme talent.

11 Juin

Green Montana – « MELANCHOLIA999 » 👨‍🚀

Huit mois après la sortie de son premier album, ALASKA, Green Montana nous a délivré un nouveau projet : l’EP MELANCHOLIA999. Composé de 9 titres, ce projet accueille une collaboration avec SDM, lui aussi signé chez 92i. Sorti au moment où l’été se fait ressentir, cet EP sera nettement plus ensoleillé qu’ALASKA que ce soit en termes de musicalités ou de rendus visuels comme par exemple avec les titres « BB PART. 3 » ou « EVIDEMMENT » (feat SDM) qui sonnent comme de potentiels tubes et qui possèdent des clips assez lumineux. Bien qu’on retrouve des morceaux moins sombres que sur ALASKA qui font preuves d’une certaine ouverture, cet EP sera dans l’ensemble assez homogène avec une ambiance planante récurrente qui fait directement référence à la cover du projet et qui accentue l’univers musical très singulier du belge. Avec ce projet Green Montana montrera qu’il gère à la perfection le « type » de musique qu’il souhaite pratiquer et qu’il reste fidèle à certains codes comme des flows nonchalants, des écrits toujours très sombres et mélancoliques, mais aussi des titres bien construits (pont, refrain, changements d’instrus) et toujours assez courts qui donnent un rendu non forcé (comme par exemple le rajout d’un refrain inutile). MELANCHOLIA999 est dans l’ensemble une réussite et permet à Green Montana de s’imposer un peu plus aux yeux du grand public avec un univers musical unique au sein du paysage rap francophone.

Onze – « Tout est Gris » 🦋

Comme un signe Onze a dévoilé son premier album, Tout est Gris, ce 11 juin. Composé de 20 titres, cet album n’accueille aucune collaboration et regroupe 12 inédits en plus des 8 titres déjà sortis auparavant comme « Oshod », « 4 Saisons » ou « 11.1 » et « 11.2 » qui font offices d’intro et d’outro. Étant signé chez AWA, on retrouvera logiquement, en plus de Hama Decoy (beatmaker du groupe), les producteurs Aurélien Mazin et Kore mais aussi NASKID, Ponko ou Kezah. Grace à plusieurs titres publiés sur deux ans le groupe n’aura pas eu besoin de passer avant son premier album par la case EP ou mixtape pour se présenter artistiquement et pour montrer qu’il sait kicker et chanter. Avec 20 titres très variés Tout est Gris repose sur un parfait équilibre entre titres chantés avec « Cocoon », « Buena Vista » ou « Minerai », kickés avec « Oshod », « Iris » et « Coffre » ou bien mélancoliques avec « Sans Rancune, « Aucun Remède » ou « Bye Bye ». Aussi, on pourra retrouver des titres comme « 11.2 » ou « Asymétrie » qui sont actuels dans leurs textes ou leurs flows mais qui peuvent sonner comme « old-school » dans leurs sonorités et qui font donc de Onze un groupe original et très intéressant. Ces différentes ambiances seront accompagnées de textes toujours très techniques, introspectifs et bourrés de références en tous genres. Ces références seront, comme à l’image de la cover, différentes selon l’auteur du couplet (séries, films, mangas pour Cendar et rue, argent, drogue pour Yaya). En ce qui concerne la construction des titres on pourra retrouver des ponts, des blancs, des accélérations, des touches de vocodeur à des moments bien précis, ou tout simplement deux prods sur le même titre comme sur « Asymétrie » où Yaya et Cendar livrent deux couplets assez longs. Avec des textes introspectifs remplis de mélancolie/nostalgie ou d’egotrip, des instrumentales variées et ultra efficaces, des variations entre titres rappés et chantés, Onze livre avec Tout est Gris un excellent album qui figure déjà parmi nos préférés de l’année.

So La Lune – « Orbite » 🌕

Particulièrement actif, So La Lune a publié avec Orbite son troisième EP de l’année. Unique de par sa voix originale et à l’aise que ce soit en termes de kickages ou de chants mélancoliques, le jeune artiste fait preuve d’une grande facilité et s’affiche assurément comme l’une des plus grosses promesses du rap français. Sur Orbite on retrouvera encore et toujours une mélancolie véhiculée à travers sa voix et son flow, et ce même sur un titre comme « Goût Vanille » (feat Rouge Carmin) qui est plus dynamique et plus ouvert. Tout comme les EP’s précédents, Orbite est une réussite et abrite des titres variés toujours bien écrits et bien construits, mais aussi des prods ultra efficaces qui véhiculent à merveille les différentes émotions. On attend déjà la suite !

USKY – « SEXTASY » 💙

Depuis ses débuts en 2016 USKY a su progressivement mettre en place une identité artistique qui aborde des thèmes étroitement liés comme l’amour et le sex ou la haine et la violence, et qui montre aussi que le rap actuel n’a plus de réelles barrières musicales. Sur SEXTASY, son premier album (même s’il ne possède que 10 titres), on retrouvera logiquement le thème des relations amoureuses dont les différentes étapes (sex, amour, rupture, nostalgie) sont organisées selon un certain fil conducteur. Réalisé comme un storytelling informel, SEXTASY s’apparente à une aventure émotionnelle qui fait passer l’auditeur par plusieurs émotions. Bien construit et cohérent, cet album abrite des titres variés comme « Saturne » ou « Sang Chaud » (feat Le Motif) qui sont assez rythmés, « Si c’est mort » ou « Amour et Violence » qui sont plutôt tristes, ou bien « Silhouette » qui est clairement érotique. Bien reparties, les différentes émotions procurées par les textes d’USKY seront idéalement complétées par des ambiances sonores riches en termes d’effets. En plus de cela les morceaux sont plutôt bien construits avec l’usage de couplets courts ou pas, de ponts ou de répétitions. Cohérent, bien construit, efficace et original, ce premier album est une véritable réussite et positionne assurément USKY comme un artiste singulier parmi de nombreux clones.

18 Juin

Dabs – « Ange Déchu » 👿

Deux ans après MAINMISE Dabs a livré avec Ange Déchu son second album. Se voulant assez sombre et mélancolique/nostalgique dans son ensemble, ce projet accueillera logiquement plusieurs productions de Flem et Amine Farsi mais aussi des beatmakers comme Boumidjal & HoloMobb, Guilty ou SHABZBEATZ pour ne citer qu’eux. Cette obscurité musicale qui s’affiche dès le titre de l’album, Ange Déchu, sera présente de différentes façons tout le long du projet. En effet, on pourra retrouver des titres très rappés comme « 17 », « Espèces » (feat Bosh) ou « Bâtiment 6 » qui montrent tous le talent de Dabs lorsqu’il s’agit de rapper fort, mais aussi des morceaux comme « Ange Déchu » ou « Jamais » qui sont lents dans leurs prods et assez mélancoliques dans les flows et les thèmes abordés. Déchu mais avant tout Ange, Dabs nous livrera sur ce second album des titres très ensoleillés comme « Bienvenue », « Vanilla » (feat Kaza) ou « Caramelo » qui montrent sa polyvalence avec des refrains chantés très entêtants qui conservent toutefois une pointe de mélancolie. Avec des invités en adéquation avec les différentes ambiances, des titres variés pour tous les goûts et une noirceur récurrente qui rend cohérent l’album, Dabs livre un bon projet qui s’adapte aux différentes humeurs des auditeurs.

Koba LaD – « Cartel : Volume 1 » 🔫

Il y a peu Koba LaD déclarait vouloir sortir deux projets avant de disparaitre des radars de la scène rap française. Quoi qu’il en soit, le natif d’Évry a publié ce 18 juin une mixtape de 7 titres qui accueille de nombreux invités tous autant différents les uns que les autres comme par exemple Laylow, Landy, ZKR ou Oboy. En ce qui concerne la production on pourra retrouver des beatmakers de renom tels que Boumidjal, HoloMobb, Richie Beats, Junior Alaprod, Voluptyk ou DJ Bellek pour ne citer qu’eux. Assez diversifié, Cartel : Volume 1 abrite des titres chantés comme par exemple « Tue Ça » (feat SDM & Guy2Bezbar) mais surtout « Daddy Chocolat » (feat Gazo) et « Cramé » (feat Oboy) qui s’affichent comme de gros hits de par leurs prods rythmées et leurs refrains entêtants. Un refrain chanté, on pourra également en retrouver sur « Chercher l’or » (feat ZKR & Landy) où Landy apparait comme idéal pour pousser la voix sur une instrumentale assez mélancolique. En ce qui concerne le kickage on peut retrouver « Batards » (feat Laylow) où Koba et Laylow lient leurs univers respectifs que ce soit en termes de prods ou de flows mais surtout « Kilos de Beuh » (feat Frenetik & Gianni) où les trois artistes mettent en avant leurs atouts (kickage pour Frenetik et voix pour Koba et Gianni) et s’affichent en équipe sur le refrain. Avec un projet court qui accueille 9 invités qui font sens, Koba LaD sera resté fidèle à son cadre artistique qui le suit depuis ses débuts et aura livré un projet solide et satisfaisant.

Slimka – « TUNNEL VISION » 🚇

Présent depuis 2017 avec son premier projet, la mixtape No Bad Vol. 1, Slimka a enfin publié son très attendu premier album : Tunnel Vision. Composé de 19 titres, cet album accueille logiquement les membres de son collectif à savoir Di-Meh, Makala et Varnish la Piscine, mais aussi des artistes affiliés à la même scène rap que lui comme Captaine Roshi, Laylow et Jok’Air. En ce qui concerne la production on pourra, sans surprise, retrouver Varnish la Piscine et Sectra qui collaborent la majeure partie du temps avec Slimka mais également des beatmakers importants de la scène rap française comme 2K, Eazy Dew, Skuna, Guapo du soleil ou Kosei. Influencé de toutes parts, Slimka aura lors de ses précédents projets imposé son univers artistique musical et visuel pour voir se former une fan base très solide qui attendait ce premier album qui serait alors travaillé de façon à ce que les attentes autour de lui se concrétisent. Réussi dans l’ensemble, Tunnel Vision possède des points faibles comme des points forts. En ce qui concerne les points faibles on peut noter un petit manque de fond dans certains textes, un sentiment de « carte de visite » dans la construction de l’album, mais surtout la longueur du projet qui aurait pu tenir sur 14-16 titres. En ce qui concerne les points forts, qui sont en plus grands nombres, on peut tout d’abord noter une grande richesse que ce soit en termes de flows utilisés, d’ambiances et d’effets de prods mais aussi la facilité que Slimka a à passer d’un flow agressif et rappé à un flow plus doux et chanté. Véritable caméléon, le suisse délivre des titres très variés et très biens construits avec des ponts, des refrains loins d’êtres répétitifs, des effets de voix, ou tout simplement des variations de flows. Un autre point fort : les invités. En effet les différentes collaborations sont cohérentes et apparaissent comme en adéquation avec l’univers de l’album, de Slimka et du leur. Plaisant à l’écoute, ce premier album est plutôt réussi et confirme les qualités de Slimka. Les petits points négatifs n’handicapent pas le projet mais mettent toutefois en suspend la question qui est : « es-ce que Tunnel Vision est un album pleinement réussi ? ».

Sonbest – « ARCANE » 💀

Presque un an après son très bon projet Lotus qui l’a un peu plus exposé, Sonbest est revenu avec un nouvel EP intitulé ARCANE. Composé de 8 titres, ce projet accueille des producteurs proches du jeune artiste que l’on peut retrouver sur Lotus à savoir Wise et Cosa. On peut également noter la présence de Cosmo, Damvas, Veusti et Guapo du Soleil qui sera présent sur la quasi totalité des titres. En phase avec le titre du projet qui renvoie entre autres à la mort et au mystère, la direction artistique sera parfaitement maitrisée, captivante et surtout très singulière. Véritable projet d’ambiance, les productions prennent une grande place (le dernier titre, « 13 », est une instrumentale) et sont réalisées de façon à ce que les titres s’enchainent de manière fluide (comme sur Lotus). Alors sans coupures, les dernières secondes de chaque titre sont des ambiances, bruitages et autres sonorités (bois qui brule, bruit de faucille, claquements de mâchoires) qui s’apparentent à des B-O qui introduisent le morceau suivant mais qui accentuent surtout la grande richesse du thème du projet. Assez courts, les différents titres sont très réussis avec des textes toujours très tristes, mélancoliques, poétiques et introspectifs mais aussi avec des sonorités entêtantes, comme sur « Drug & Designer », qui renforcent à chaque fois l’univers artistique à part du jeune artiste. Solide car sans réelle erreur, ARCANE est un très (très) bon projet qui apparait déjà comme l’un de nos coups de cœur de cette année 2021 et qui montre encore un peu plus que Sonbest est un artiste à surveiller de très très près.

Tedax Max – « Forme Olympique : Middle Season » 🏟

Suite à plusieurs titres incisifs publiés en 2020, Tedax Max dévoilait le 1er janvier 2021 son premier projet, l’EP Forme Olympique. Particulièrement bien reçu, ce projet a permis au lyonnais d’être un peu plus exposé, de réaliser une session Colors mais surtout de pouvoir publier très vite un nouveau projet : Forme Olympique : Middle Season. Comme sur le premier, on retrouvera des producteurs comme KDND et Kon Queso mais surtout une grande envie d’exposer toutes ses compétences artistiques de la part de Tedax Max. Beaucoup plus sombre que Forme Olympique, cet EP sera logiquement très rappé… mais de différentes façons. En effet les titres « Maurice Green », « V2D » ou « Gotham » son rapides dans leurs flows et ténébreux dans leurs sonorités tandis que des morceaux comme « Tranchée » ou « Sirènes » qui sont toujours rappés sont eux plus planants dans leurs prods. EP donc carte de visite, Forme Olympique : Middle Season accueille aussi des titres différents comme « J’te Jure » qui est un piano voix introspectif ou « Long Beach » qui est assez rythmé et très californien dans sa musicalité. Même si ces deux titres son plus ouverts, Tedax Max n’en n’oublie pas sa voix imposante, ses références pointues et son flow rapide. Plus sombre que son prédécesseur avec des touches de légèreté, Forme Olympique : Middle Season permet à Tedax Max de continuer sa présentation artistique avec des titres solides qui font de lui un rookie plus qu’intéressant.

25 Juin

Doni M – « Constellation » 

Après quelques titres Doni M avait, en avril dernier, publié son premier projet, l’EP Sad Vibes. Avec 9 titres parfaitement maitrisés qui le présentait artistiquement parlant, le nouveau venu voyait alors naitre un engouement autour de lui. En ce 25 juin Doni M a franchi une première grande étape dans sa carrière avec la sortie de son premier album : Constellation. Composé de 16 titres, cet album n’accueille aucune collaboration pour seulement laisser parler ses émotions. En ce qui concerne les productions, qui prennent une place très importante au sein du projet, on peut retrouver des beatmakers de renom comme Yann Dakta & Rednose, Amine Farsi, Cello ou RAVEN. Avec un style clairement cloud rap dans l’ambiance et très rue dans ses écrits, que l’on avait pu apprécier dans Sad Vibes, Doni M possédait alors déjà avant la sortie de Constellation un cadre artistique bien précis et savait très bien où il voulait aller. De ce fait cet album ne pouvait être qu’une réussite. Assez homogène avec une ambiance planante et triste récurrente, ce projet n’en n’est pas pour autant répétitif. En effet chaque titre a sa touche personnelle que ce soit en termes d’écrits (plus ou moins introspectifs), de construction (pont, répétition, voix changeante, flows différents) ou d’ambiances véhiculées (sombre, douce, aérienne). À propos de ces ambiances, les différents producteurs auront fait preuve d’une grande alchimie avec Doni M et auront su le mettre dans de parfaites conditions en rajoutant des petites touches originales qui font la différence. Cohérent et abouti, Constellation accueille aussi le titre « Laisse moi tomber » qui dans ses sonorités tropicales et reggae se démarque des autres et montre que Doni M ne se contente pas de jouer sur la tristesse profonde de ses propos. Justement, ses écrits sont d’une grande qualité avec des références empruntées aux mangas (DBZ), aux films (Han Solo de Star Wars), à la rue (traffic, G.A.V, drogue) ou à la mafia (Toto Riina) qui rendent le tout très vrai, poétique mais surtout en phase avec l’ambiance aérienne du projet. Avec des écrits très introspectifs et personnels, des sonorités originales et singulières qui lui permettent d’apparaitre comme à part, une construction du projet qui transpose l’auditeur dans un voyage spatial de 50 minutes, et une cohérence vis à vis de son univers artistique, Doni M livre un excellent album qui nécessite plus qu’une simple revue pour s’attarder sur tous les détails. Avec Constellation Doni M s’affiche comme un grand espoir du rap français. Bravo !

Doria – « Depuis le départ » 🏁

Issue de Nanterre, Doria est présente au sein du paysage rap français depuis 2018, date à laquelle elle s’est révélée dans l’émission « Rentre dans le Cercle ». Véritable kickeuse, il ne lui aura fallu que très peu de temps pour attirer l’oeil des labels dont AWA chez qui elle signera en avril 2020. Avant cette signature la jeune parisienne avait publiée un EP nommé MDP qui montrait déjà son grand potentiel ainsi que toutes ses compétences. C’est donc après plus de deux ans de travail et de singles publiés que Doria a décidée de dévoiler son premier album : Depuis le départ. Composé de 13 titres, ce projet n’accueille aucune collaboration et regroupe des producteurs comme Voluptyk, NASKID et bien sur Kore et Aurélien Mazin. Annoncée dès la cover, la mélancolie/tristesse/nostalgie sera présente tout le long du projet. Assez homogène avec une obscurité récurrente, cette dernière se manifestera toutefois de différentes manières. En effet certains titres seront plus rythmés avec des prods assez agressives propices au kickage, d’autres comme « 10% » par exemple seront plus doux dans le flow et l’instrumentale. Différents sur des détails, ces différents morceaux sont reliés par une mélancolie/tristesse qui est dégagée grâce à des textes très introspectifs. Outre cette ambiance dominante on pourra retrouver des titres beaucoup plus ensoleillés comme « Trajet », « Granita », « Minimum » ou « Tu sais » qui s’affichent clairement comme des hits. Légèrement répétitif mais possédant une réelle envie de diversification, Depuis le départ est un album globalement réussi et cohérent avec ce que Doria avait l’habitude de nous proposer jusqu’ici.

Hös Copperfield – « À l’ombre des lumières » 🕯

Présent depuis deux ans au sein du rap français par le biais de plusieurs singles, dont quelques uns avec son cousin Ninho qui l’a d’ailleurs signé sur son label TTR Music, Hös Copperfield n’avait cependant jusqu’ici publié aucun projet. Bien encadré par Ninho qui doit assurément lui fournir de bons conseils, le natif de Villeneuve-Saint-Georges a donc en ce 25 juin dévoilé son premier projet : la mixtape À l’ombre des lumières. Composée de 17 titres, cette mixtape accueille des collaborations cohérentes avec l’univers artistique de Hös Copperfield à savoir Leto, Ninho, Gradur et Naza. Très attaché à l’Afrique qu’on peut d’ailleurs retrouver dans ses écrits, dans la langue ou dans les sonorités, le parisien aura également invité Amadou & Mariam sur l’outro du projet. En ce qui concerne les productions on pourra retrouver des beatmakers de renom comme Katrina Squad, Richie Beats, Shiruken Music, TripleNBeat ou bien Hood Star pour ne citer qu’eux. Premier projet, et défini comme une mixtape, À l’ombre des lumières ne possède pas de véritable structure et abrite des titres variés qui illustrent différemment les multiples compétences de Hös Copperfield. En effet on peut retrouver des titres très rappés comme « Etre ou ne pas être », « Incertain » (feat Ninho) et « Vaste » où le flow y est rapide et accompagné d’une prod agressive, des titres plus estivaux comme « Demain », « Article 15 » (feat Naza) et « Alliée » (feat Gradur) ou bien des titres assez mélancoliques et introspectifs comme « Oh Mama » et « Déterminé » qui font ressortir sa capacité à dégager de fortes émotions. Cette introspection on peut également la retrouver d’une manière différente sur « À l’ombre des lumières » (feat Amadou & Mariam) où les sonorités africaines et le chant des invités accentuent la profondeur émotionnelle des textes. Avec des titres biens construits et jamais « trop long », des ambiances variées qui montrent une palette artistique assez large et une plume déjà bien aiguisée pour un premier projet, Hös Copperfield livre avec À l’ombre des lumières une mixtape réussie et complète.

Râmiro – « Pétales de roses » 🥀

Le 25 mars dernier Râmiro faisait ses débuts dans le rap par le biais d’un EP commun avec L’Don nommé Modelstyl. Après cette première étape franchie en duo, Râmiro nous a livré son premier projet : l’EP Pétales de roses. Composé de 6 titres, ce projet a entièrement été produit par Efxka, jeune beatmaker assez méconnu. Sur cet EP Râmiro se présente artistiquement parlant et montre l’étendue de ses capacités que ce soit en termes d’écriture, de choix de prod ou de construction de morceaux. En ce qui concerne ses textes Râmiro pratique la majeure partie du temps un style franchement egotrip qui peut aller du name dropping à la métaphore en passant par la comparaison ou par des allusions au sex. Toutefois, le jeune artiste ne se cantonne pas à cela et laisse de coté l’egotrip pour aborder sur « Smoke », grâce à de nombreuses descriptions, une relation charnelle. Ces différents écrits seront chacun accompagnés de prods très efficaces qui possèdent chacune une ambiance propre, originale et en phase avec les émotions voulant être véhiculées. Outre ces deux points que sont l’écriture et la musicalité, Râmiro aura également satisfait avec la construction de ses titres. En effet ces derniers sont minutieusement travaillés avec des ponts, des répétitions, des instrumentales qui accélèrent ou qui ralentissent, des effets de prods ou de voix, bref, un univers riche en rebondissement. Avec Pétales de roses Râmiro nous a livré un bon projet, et cela en tout point, qui de par sa diversité peut satisfaire des publics différents. On attend la suite !

NOS MORCEAUX DU MOIS

Jul – « Rosé Jetski Playa »

Sasso – « Les doigts en l’air »

Onze – « Asymetrie »

Slimka – « Film Fr » (ft. Laylow)

Doni M – « Constellation »

Hös Copperfield – « À l’ombre des lumières » (ft. Amadou & Mariam)

Râmiro – « Uber »

USKY – « Saturne »

So La Lune – « Rodé »

Green Montana – « PJP NMR »

Vladimir Cauchemar – « BRRR » (ft. Asdek, Laylow & Rim’k)

Dabs – « Caramelo »

Sonbest – « LA68 »

Sysa – « C’est nous la cité #6 »

Alkpote – « Ennemi Public »

Slimka – « Tunnel Vision »

Soso Maness – « J’aimerais tellement te dire »

USKY – « Sang Chaud » (ft. Le Motif)

Doni M – « Laisse tomber »

Sid les 3 Éléments – « Homicide 5 »

Prototype – « Baby Mama »

Nemir – « Parallèle »

Soso Maness – « Zumba Cafew »

Koba LaD – « Chercher l’or » (ft. ZKR & Landy)

Tedax Max – « Long Beach »

Dabs – « 17 »

Sonbest – « Béni ou Maudit »

So La Lune – « Goût Vanille » (ft. Rouge Carmin)

Onze – « Aucun remède »

Green Montana – « FUM22 NOCIVE »

Zuukou Mayzie – « Be Water 😉 »

Tedax Max – « V2D »

Hös Copperfield – « Oh Mama »

Graya – « À la K-Sté » (ft. UZI)

Cinco – « Boite aux lettres »

USKY – « Silhouette »

Vladimir Cauchemar – « Flemme » (ft. Lefa)

Koba LaD – « Kilos de Beuh » (ft. Frenetik & Gianni)

Sonbest – « Drug & Designer »

Doni M – « Vega »

Tedax Max – « Maurice Green »

Zuukou Mayzie – « Coach Carter »

Soso Maness – « Avec le temps »

Onze – « Step by step »

Green Montana – « BB PART. 3 »

Carson & L’Don – « Argent Israélien »