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Retour vers Février

Après un mois d’introduction assez calme l’année 2022 se lance une bonne fois pour toutes avec un mois de février qui accueille des projets de têtes d’affiches comme le quatrième album de Vald, V, le quatrième album du marseillais YL ou bien le tant attendu Nouvelle Ère d’Osirus Jack. Aussi, de grands espoirs comme Bu$hi ont également publiés des projets. De Guapo Cartel à YL en passant par Kpri, on vous résume ce mois de février !

3 Février

Guapo Cartel – « HOT WATER GWAP » ♨️

Trois ans après son premier projet le quatuor marseillais Guapo Cartel (YLR, Niamssey, Fakri Jenkins et Rouls) a fait son retour avec un EP nommé HOT WATER GWAP. Composé de 8 titres, cet EP n’accueille qu’une collaboration en la personne d’S.Téban et est logiquement produit par Fakri Jenkins et Rouls, les deux beatmakers du groupe.

Carte de visite vouée à élargir leur base d’auditeurs, HOT WATER GWAP accueille des titres énergiques et nocturnes comme « BATMAN », « MAMAN M’A DIT » (avec S.Téban) ou « INTRO » qui exposent la grande alchimie entre YLR et Niamssey et leurs associés beatmakers. Guapo Cartel est un véritable groupe et non « des mecs qui rappent ensembles ». Outre ces trois titres on peut retrouver des pièces comme « LOUBOU », « NEBULA » ou « BLOW JOB » qui transpirent le soleil et la détente avec des prods douces et des flows entêtants. Sur l’ensemble des morceaux les marseillais se sont efforcés de livrer des prestations fidèles à leur univers urbain et léché. Quartier, argent, Marseille, mode, famille, trafic, tout y est ! À noter qu’aucun titre ne se ressemble et chacun d’entre eux dégage une grande spontanéité.

Solide, complet et illustratif de tout le potentiel des marseillais, ce 8 titres ne fait que confirmer que nous faisons bien de miser sur eux. Et vous qu’attendez-vous pour lâcher une liasse sur Guapo Cartel ?!

4 Février

Vald – « V » 🙆‍♂️

Un peu plus de deux ans après Ce Monde est Cruel (plus de 140 000 ventes) Vald nous est revenu avec son quatrième album sobrement intitulé V. Teasé avec l’entêtant « Anunnaki », ce projet est décuplé en 5 éditions dont 4 qui contiennent 2 titres bonus chacune. Composé de 16 titres, V accueille 3 collaborations en les personnes d’Orelsan, Hamza et Suikon Blaz AD. Coté production on pourra retrouver le titulaire Seezy mais aussi CryptoPunk, Danny Synthé, Hellboy, Mayyzo, Ovaground, SephGotTheWaves, Sirius, Stan-E Music et Zeg P.

Très attendu après une absence qui a semblé être une éternité pour ses fans, Vald se devait de revenir avec un projet solide afin de faire taire les critiques qui le positionnaient comme un rappeur « en déclin ». Et justement, le natif d’Aulnay lance V avec « Pandémie », un titre puissant et énergique qui accueille des éléments propres à son univers et à l’actualité (onomatopée burlesques, jeu de mot Pandémie/pain de mie, allocution du président Macron). Rappé avec vivacité, « Pandémie » sera suivi de 4 autres titres (« La faux le fer », « Sur un nouvel album », « Un mot » et « Peon ») qui s’inscrivent dans la même lignée avec des ambiances assez sombres/nuageuses et des écrits incisifs et egotrips. Tous très biens réalisés que ce soit dans la production, la construction ou les écrits, ces 5 titres peuvent nous rappeler un Vald époque XEU. Très rappé dans l’ensemble avec d’autres prestations remarquables comme « Rappeur conscient » ou « Qui écoute ? », V abrite une seconde moitié de tracklist plus lumineuse et ouverte avec le très entrenant « Papoose », le pop et personnel « Regarde toi » ou les mélancoliques « Anunnaki » et « Laisse tomber ». Artiste polyvalent, il n’est pas surprenant de voir des ouvertures sur un album de Vald et cela s’était vu sur les précédents et notamment sur Ce Monde est Cruel. Toutefois, sur ce dernier, ces ouvertures n’apportaient aucune plus-value et semblaient comme forcées. Sur V ces morceaux plus chantés et grand public sont parfaitement encrés dans le projet et font sens de par leur fluidité due à une bonne construction (ponts, refrains, couplets), de bonnes sonorités, de bons effets de voix et de chants et des écrits sincères qui abordent des thèmes diverses et originaux. Seul bémol, on ne retrouve pas ces éléments sur le titre « Maudit » (avec Hamza) qui porte bien son nom… et sur « Happy End » (avec Suikon Blaz AD) qui ne dégage aucune émotion.

Solide, complet, abouti et très rappé dans sa globalité, V est un très bon album que ce soit en termes de sonorités ou d’écriture. Performant sur tout le long du projet (excepté les deux points noirs) Vald rassure après un album mitigé et repart de plus belle en ayant repris au passage son univers en main.

18 Février

Kpri – « Kpri Tape, vol. 3 » 🏎

Un an après la très bonne Kpri Tape, vol. 2 nôtre pilote préféré de Lyonzon nous est revenu avec le troisième volume de cette dernière. Composé de 12 titres, ce projet est entièrement produit par son frère, le producteur Amnezzia (excepté le titre « Basket » où l’on peut apprécier Amine Farsi aux manettes). En ce qui concerne les collaborations on peut logiquement retrouver son associé de groupe ASHE22 ainsi que Freeze Corleone.

Ni trop courte ni trop longue, la Kpri Tape, vol. 3 ne contient pas de réelle révolution et sert surtout à consolider les bases artistiques du lyonnais, à savoir une atmosphère obscure et peu chaleureuse, des écrits incisifs et nocturnes, et des flows nonchalants ou plus actifs. Ces ambiances ténébreuses on peut les noter sur des titres comme « Maybach Phantom » (avec Freeze Corleone), « Frappe 3 » (avec ASHE22), « Hotel » ou « Automatique ». Aussi, Kpri s’est toujours efforcé de lier obscurité et ouverture en posant sur des prods plus old-school dans le rythme ou plus club dans les sonorités. Cette envie de diversification on peut la retrouver sur l’excellent « Volant », sur « À la base » qui sonne très 90’s ou bien avec « 24/7 » qui possède une prod idéale pour les soirées et un refrain chanté (façon Kpri). Placé vers la fin du projet, « Basket » apparait comme à part avec un flow assez doux, tout comme la prod, qui montre une autre facette de Kpri mais aussi d’Amine Farsi. Comme sur les précédents opus les interludes renvoient au thème de l’automobile et amènent une cohérence au projet.

Solide dans son ensemble et fidèle à l’univers instauré jusqu’ici, la Kpri Tape, vol. 3 répond ni plus ni moins aux attentes autour du lyonnais. Reste à savoir si Kpri saura livrer un premier album qui met la barre un peu plus haute sans tomber dans la redondance. À suivre !

22 Février

Osirus Jack – « Nouvelle Ère » ♒️

Officieusement annoncé dans son premier album Nibiru (2019), Nouvelle Ère était sûrement l’un des albums les plus attendus de ces dernières années et d’autant plus avec l’évolution du statut d’Osirus Jack qui est passé de rappeur discret aux yeux du grand public à tête d’affiche de La Ligue des Ombres avec Freeze Corleone. Assez court, ce second album est constitué de 12 titres et accueille des collaborations cohérentes à savoir Kaki Santana, le Roi Heenok, Freeze Corleone, Afro S et Double G Kiluavi. En ce qui concerne la production on peut retrouver des instrumentales signées Bliz39, C2S, Flem, Kaza Beats et Kusko.

Dès l’intro, « Ron Van Clief », nous savions que le jeune Osirus n’allait pas faire les choses à moitié. Sombre, voir oppressante, cette entrée illustre idéalement son univers mystique rempli de références complotistes (ou d’homme renseigné…). Le visuel, aussi très sombre, accentue ce sentiment de pression obscure. Cette ambiance sera prédominante au seins de Nouvelle Ère mais toutefois aucun titre ne se ressemble. Le travail de production, minutieusement effectué, y est pour quelque chose et Osirus Jack peut alors varier ses flows sans déroger à son socle artistique. Sur « Nowitzki » par exemple, il adopte un flow rapide parsemé de blancs en fins de phrases, sur « Mazout » le flow y est plus nonchalant et l’ambiance renvoie à une séance de hacking dans une sinistre chambre codéinée. Sur « Or/Milf » l’ambiance est mortuaire et le flow est très représentatif d’Osirus, à savoir nonchalant et incisif. La majeure partie des collaborations se fondent bien dans son univers et ne font pas tache (excepté Dubble G Kiluavi dont le couplet n’est pas particulièrement remarquable). La collaboration avec Freeze Corleone apparait elle comme une interlude puissante et guerrière avec un rythme de passe-passe effréné. Les références y sont, comme d’habitude, très nombreuses et l’alchimie n’est plus à prouver. Osirus Jack et Freeze Corleone sont assurément les têtes d’affiches du 667. En parlant de références, ces dernières sont encore un peu plus abouties sur Nouvelle Ère avec des clins d’œils à des sujets populaires comme Romain Molina, la religion ou les fameux PDF. Le lillois maitrise son sujet.

Réussi et cohérent de bout en bout, Nouvelle Ère est un formidable album qui positionne Osirus Jack comme un artiste singulier au sein d’un collectif qui empile les artistes assez similaires (à quelques détails près). Avec des titres puissants et une écriture ultra référencée qui n’a rien à envier à son compère Freeze Corleone, nôtre Ron Van Clief frappe fort et marque de son empreinte cette année 2022.

25 Février

Bu$hi – « Bushi Tape 2 » 🪐

Révélé avec son collectif LYONZON mais également avec Mussy aux cotés duquel il forme le duo Saturn Citizen, Bu$hi s’est lancé en solo en 2020 avec son projet Bushi. Bien accueillie par la critique et par le public, ce projet qui connaitra une réédition, Bushi 1.5, aura permis de montrer que le réunionnais peut se détacher de ses groupes pour livrer des prestations différentes et singulières. Deux ans plus tard, le lyonnais nous est donc revenu avec son projet Bushi Tape 2. Composé de 13 titres, ce dernier accueille logiquement une collaboration avec Mussy. En ce qui concerne la production on peut retrouver les beatmakers suivants : 808 Melo, DJ Durel, DVGZ, FREAKEY!, Nitrous, PVLACE, Schumi1, TaeminTekken et WondaGurl.

À l’image de la cover, bon nombre de titres adoptent une ambiance nocturne, spatiale et nuageuse. Les « Goten », « Marathon » et « Dillawave » en sont un parfait exemple. Seulement, cette Bushi Tape 2 est loin d’être uniforme et contient plusieurs ouvertures appréciables et plutôt bien maitrisées. En effet on peut retrouver les « Life », « Big Ben » et « Link Up » à la prod puissante et dévastatrice ou bien les « Margiela », « Louis » et « 6 O’Clock » qui sont plus doux dans les sonorités et les flows. Le titre « Parachute » semble lui être une aparté plus intimiste et très originale qui nous rappelle grandement « Mistral ». « Parachute » est une excellente prestation qui illustre à merveille l’immense potentiel du lyonnais. En ce qui concerne ses écrits Bu$hi reste très centré sur des thèmes comme l’argent, la drogue ou les femmes. Mi dans de parfaites conditions avec des productions léchées et originales, Bu$hi doit justement faire attention, et c’est peut être son unique défaut, à la légèreté de ses écrits qui peuvent le faire apparaitre comme redondant. Un point à travailler qui n’entache toutefois pas la qualité des ses morceaux.

Dans la continuité du premier, ce projet reste fidèle à l’univers du membre de LYONZON et accentue sa singularité. Avec une réelle volonté de se diversifier, Bu$hi affirme son envie de mettre la barre un peu plus haute. Reste à voir s’il réussira à livrer un premier album à la hauteur de son potentiel sans tomber dans le déjà vu qui peut très vite arriver.

YL – « Yamine » 🇩🇿

Près d’un an et demi après le très bon Compte de faits qui lui a permis de revenir en force après l’échec de Æther & Héméra / Nyx & Érèbe, YL nous a dévoilé ce 25 février son quatrième album sobrement intitulé Yamine. Composé de 15 titres, ce projet accueille trois invités : ISK que l’on retrouve sur 2 titres, le lyonnais Sasso et son associé d’Air Bel Kofs. En ce qui concerne la production on pourra retrouver un gros casting avec pas moins de 18 beatmakers qui sont Allister, Arkelius Beats, BBP, Denza, Doubtless, Fxnder, Hood Star, Junio Beats, L1genyeur Beats, Likeng, Mitch Wave, Nostra, SNK, Stef Becker, USKY, Young King Beat et Young KO.

Artiste complet qui sait aussi bien livrer des titres introspectifs et mélancoliques comme des plus agressifs et sombres, le marseillais a plus d’une fois confirmé son statut de rappeur confirmé. Sans surprise on pourra retrouver des titres comme « Y » ou « Pénélope » qui sont puissants dans les écrits et méditerranéens dans les sonorités. Nommé comme son prénom civil, cet album est sans doute le plus introspectif de la discographie d’YL. Sur « Mon Sang » le marseillais aborde son rapport à l’amitié, sur « Tata Fatima », et accompagné de sonorités drill, il lie à merveille chant et hommage familial, sur le couplet unique « Enfant perturbé » il revient sur son enfance et enfin sur « Châtiments » il se voit confronté face à sa propre réussite. Le titre « Prières » avec ISK, artiste avec qui il possède une relation fusionnel, le marseillais livre une prestation forte, mélancolique et puissante. Doux ou nuageux mais surtout très personnel, Yamine accueille quelques pièces ensoleillées comme « Bigo » (avec Sasso) et « Hayati » (avec Kofs) qui sont tout deux énergiques et parfaitement maitrisés. Quelque soit l’ambiance du morceaux YL a su lier son écriture aiguisée tantôt profonde tantôt légère pour véhiculer la bonne émotion. Si l’on doit noter un bémol se serait sûrement la colonne vertébrale du projet qui semble un peu brouillonne avec des titres qui s’enchainent sans grande cohérence. Aussi, projet intimiste oblige, bon nombre des morceaux se ressemblent et au final peu sortent du lot.

Spécialement structuré mais travaillé avec détermination, Yamine est un album satisfaisant qui assure les bases du marseillais. À voir si les points noirs n’entacheront pas, sur la durée, un album honorable et sincère.

NOS MORCEAUX DU MOIS

Kpri – « Volant »

Osirus Jack – « Ron Van Clief »

JMK$ – « BOSSY »

Vald – « La faux le fer »

Sam – « Dans le noir »

Guapo Cartel – « BATMAN »

i300 – « Tookah 4 »

Yung Poor Alo – « Freestyle Psychoklaw »

Makala – « Boss »

Timal – « Filtré » (ft. Gazo)

AnNie .Adaa – « UN JOUR »

GLK – « SADNESS PART.1 »

Isha – « La réincarnation de Biggie »

Amine Farsi – « Suzuki » (ft. Le Risque)

Limsa d’Aulnay – « Comme la Lune »

Sysa – « Tripoli »

Dwen – « Milano »

Slim C – « PLF »

ZKR – « Les gentils bandits »

Djalito – « Idées Noires » (ft. So La Lune)

Kai du M – « Ça débite » (ft. SDM)

Osirus Jack – « Nowitzki »

Bu$hi – « Link Up »

Norsacce – « Phoenix » (ft. Alpha Wann)

Guapo Cartel – « CE SOIR »

YL – « Y »

Théodore – « Veratti »

Bu$hi – « Parachute »

Soolking – « Suavemente »

Lujipeka – « HSBC » (ft. TK)

Slkrack – « HENNESSY » (ft. So La Lune)

Reda – « Le R #3 »

YL – « Pénélope »

Vald – « Rappeur conscient »